Ҁa y est, plus de la moitié de notre groupe nous a rejoints pour ce voyage.
Alors, si vous ne l’avez pas encore fait, dépêchez-vous pour y participer !
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Nous sommes bien sûr dans notre projet de « remettre du train là où il n’y en a pas, où il n’y en a plus » !
Mais fini les rapports, les commissions et déclarations, nous, nous allons sur le terrain.
Samedi 13 juin à 9 H, rendez-vous à la gare de Clermont-Ferrand. Nous vous accueillons sous l’auvent d’entrée, notre banderole signale notre point de rencontre.

Nous présentons le programme de la journée, la Presse, les Invités et les participants. Ceux qui arrivent de Lyon en TER nous rejoignent juste après.
Notre autorail est à quai, moteur ronflant, et l’équipe d’accompagnement nous indique le départ.

Nous sommes sur le panneau d’affichage des départs.

A bord, c’est une ambiance cool d’échanges : »Salut, moi c’est Jacques, toi tu es qui ? »

Dans la plaine, ça ronronne tranquillement, les gens en vis-à-vis se découvrent un intérêt commun pour ce voyage.
Mais que connaissez-vous de la campagne ferroviaire de l’Auvergne ?
Voici un petit quizz : Déchiffrez une énigme ferroviaire mystérieuse sur la photo d’une gare de campagne que nous vous présentons maintenant. Mystère !
Mais il faut bien sûr parler du Lyon – Bordeaux. Nous en faisons aujourd’hui un petit bout. Après l’historique de cette ligne, pourquoi est-ce si compliqué de faire Lyon – Bordeaux en train d’une seule traite ? Les administrateurs des Amis de Railcoop vous en détaillent les particularités.

10 H 06 : Notre vaillant autorail s’arrête à l’heure fixée par SNCF Réseaux en gare de Gannat. Cette ville sympa a une belle gare, depuis l’époque où 4 lignes se croisaient là. Il en reste aujourd’hui encore 2 actives, plus une 3e pour le fret (à gauche sur la photo).

Cette petite ville est heureuse, sa Maire, Madame Véronique Pouzadoux vient d’être réélue. Sera-t-elle sur le quai pour nous accueillir ? En tous cas, elle sera représentée.
Nous avons 1 heure d’arrêt en gare, quelque chose qui n’existe plus en ferroviaire ! Juste à côté de la gare, nous nous retrouvons dans la Maison des Associations, une ancienne annexe de la gare. Mais connaissez-vous vraiment Gannat ?

Les associations locales sont invitées à nous rejoindre là, notamment :
- APMR, Aide aux personnes à mobilité réduite,
- ANCM, Association Nationale Culture du Monde, qui organise chaque année le Festival « Les cultures du Monde »,
- Gannat rando,
- Maison des Artistes et des Artisans,
- Nature vivante,
- Théâtre Atelier Brûle.
Nous les avons conviées à nous présenter leurs activités sur place.
Et les habitants, avec cette gare, ils peuvent aller facilement à Clermont-Ferrand et Montluçon, mais au-delà, vers Lyon et Bordeaux ? Nous allons aussi les inviter à nous rejoindre, et nous leur poserons la question.
Mesdames, messieurs, un train direct Lyon – Bordeaux qui s’arrête à Gannat pour vous, serez vous intéressés à le prendre, ravis de laisser la voiture au garage, ou bien vous n’aurez pas de transport collectif pour arriver jusqu’à la gare ? Nous chercherons collectivement la solution qui vous permettra de prendre ce train, et tout le monde y aura gagné. Voilà notre challenge.
11 heures : Désolé, c’est l’heure de repartir. « A bientôt Gannat, vous avez vu le petit pion que nous posons là pour le futur Lyon – Bordeaux ».
Nous entrons maintenant dans l’Auvergne des collines et des vallées encaissées. Nous ne sommes pas un TER, donc pas d’arrêt dans ces petites gares de croisement. Pas de souci, le seul TER du matin a été croisé juste après notre départ de Clermont-Ferrand, sur la partie de ligne à double voie. Le suivant sera croisé à notre arrivée à Montluçon. Nous voilà avec quelques rampes de 15 0/00, mais surtout, nous découvrons le relief d’ici : Pour le train, sera-ce viaduc ou tunnel ?
Les deux, bien sûr, comme en montagne !
C‘est un festival : 5 viaducs et 7 tunnels à passer.

Nous passons directement du viaduc au tunnel !
Alors, quand nous nous arrêtons à 60 m au dessus du ravin, attention au vertige !

Ouf ! Retour sur le plancher des vaches. Un peu plus loin, à Lapeyrouse, nous retrouvons la double voie et pouvons rouler plus vite. Nous passons après à la gare de Commentry dont les voies ont été récemment rénovées. Un trafic important de scolaires circule d’ici jusqu’à Montluçon. Du coup, la Région AURA a mis en place des navettes ferroviaires entre les deux, matin, midi et soir. Bravo pour cette initiative.
Mais ce qui va nous concerner, c’est le gros établissement industriel de l’entreprise ADISSEO (produits pour l’agro-alimentaire) qui fournit des rames de plusieurs wagons dans un trafic régulier, inverse de celui que nous allons voir l’après-midi. Ici, on décharge les wagons, ils repartent à vide.

Une belle rame de wagons-citernes dans un périmètre industriel clos, ce n’est pas si courant en Auvergne rurale !
12 h 15 : Arrivée à Montluçon. La sous-préfecture a gardé une belle gare en centre-ville. Le petit creux de midi se fait sentir. Pour nous, ce sera gastronomie auvergnate ou food-truck pour les modernes, quelque part vers la place de la gare.

Montluçon, le secteur de la gare
Après la potée auvergnate, il sera temps d’inviter, à l’heure du café, le nouveau maire, Philippe Perche, qui a pris la suite de Frédéric Laporte. Que sait-il du ferroviaire à Montluçon ? Notre opérateur du jour, AATV Montluçon, pourra apporter sa connaissance du sujet.
Les associations montluçonnaises invitées maintenant apportent ici un supplément d’activités :
- Amicale des cyclos randonneurs,
- Hameaux et terres de Cocagne,
- Promeetech bourbonnais,
- D’Vlop,
- Made in Chateaugay, avec le projet Imerys de mine de Lithium voisine.
A tous, avec les habitants des lieux qui auront été prévenus de notre visite par la Presse locale, nous poserons la même question qu’à Gannat. A Montluçon, il existe certes une offre ferroviaire plus étoffée vers Bourges, puis Paris, et modestement vers l’ouest, jusqu’ à Limoges. Deux TER par jour, le matin tôt et en début d’après-midi sur Limoges, cela ne fait pas un bon service ferroviaire, même si quelques autocars s’y ajoutent jusqu’à Guéret.
Donc un train direct Lyon – Bordeaux qui s’arrête à Montluçon, pour cette sous-préfecture et alentour, n’a-t-il pas un intérêt éminent pour tous ici ?
N’oublions pas nos touristes chevronnés qui iront rapidement voir le Vieux Montluçon et le grand château des Ducs de Bourbon, au centre de la ville.

Le château des Ducs de Bourbon (un petit air du château d’Henri IV à Pau, non ?)
14 h 15 : Retour en gare pour la suite du voyage. Un coup d’œil au TER qui part vers Clermont-Ferrand et sur un autre sur le grand train de fret garé sur les voies de service.
14 h 30 : tout le monde est remonté, départ vers Guéret. La ligne serpente dans les collines et nous prenons le temps de parler de culture :
Si vous êtes arrivés dans la région il y a quelques jours, vous avez pu voir la comédie « Duel à grande vitesse » au théâtre de Néris-les-Bains, au sud de Montluçon. La SNCF et son TGV en prennent pour leur grade !
Montluçon organise chaque année des évènements culturels :
- une fête mondiale du Jeu,
- le Mai à vélo,
- en juin, des concerts et opéras,
- et surtout le grand Festival International du Court Métrage en début d’année.
Nous sommes en pleine région culturelle ici. Avez-vous pensé à prendre le train pour découvrir la culture et les loisirs ?
15 h : Nous ralentissons en rase campagne. Il s’agit du site de l’entreprise IMERYS qui expédie quotidiennement un train lourd de matériaux de carrière. Les wagons que l’on voit ici sont vides et prêts à être remplis lundi.
15 h 08 : Nous nous arrêtons en gare voisine de Lavaufranche. C’est là que ce train de fret organise son travail : apport d’une rame de wagons vides, traction ensuite d’une rame de wagons pleins à destination de l’Italie via Montluçon.
Le Directeur de la carrière nous a délégué un représentant qui nous indique les opérations réalisées ici avec le chemin de fer. Bel exemple concret de réussite pour le fret ferroviaire.

Une rame pleine part vers l’Italie.
Nous repartons en direction de Guéret et avons encore une surprise, le grand viaduc de Busseau-sur-Creuse. Cet ouvrage ressemble au viaduc de Garabit, mais sans arche au milieu. Même si ce n’est pas Gustave Eiffel qui l’a construit, il a fière allure, et peut recevoir une double voie.
A presque 60 m au dessus de la Creuse, cela marque !

Claude Monet, le peintre, ne s’y est pas trompé, en venant poser en Creuse son chevalet.
Il écrit à Berthe Morisot : « Me revoilà dans un lieu reculé… C’est magnifique, d’une beauté sauvage qui me rappelle Belle-Île. » Il a peint, par exemple :

« La Grande Creuse au Pont de Vervy », 1889,
16 h 15 : Nous voilà à Guéret, la « ville à la campagne ». Comme lors du grand Défi, Madame La Maire, Marie-Françoise Founier, brillamment réélue, saura nous accueillir. En gare, le TER de Limoges vient d’arriver ici, son terminus. Nous n’avons qu’une heure de temps, horaire SNCF oblige, alors nous retournerons en face de la gare, au bistrot « L’Express », pour recevoir les Guérétoises et Guérétois. Nous sommes ici exactement au milieu du trajet Lyon – Bordeaux.

La salle est assez grande pour accueillir tout le monde.
Nous retrouvons Marie-Luc de l’association « Guéret en selle », qui nous a aidés pour l’hébergement du Grand Défi en 2024. Mais nous avons invités en plus :
- Aliso,
- Association étudiante guérétoise,
- CAC 23 bis,
- Cyclos randonneurs guérétois,
- La digitale 23,
- Matrischka,
- Radio Pays de Guéret,
- Solasol,
- Terre du Milieu.
Nous avons aussi invité Monsieur Stéphane Ducourtieux, le Maire d’Aubusson, réélu, privé de TER l’an dernier.
A Guéret, nous sommes donc à mi-chemin de Lyon et Bordeaux, soit 4 h de train de chaque coté, à l’époque du train direct Lyon – Bordeaux. C’est là que nous allons sortir notre joker : « Un train pas comme les autres ».
Non pas celui de Philippe Gougler à la télé, mais celui que les voyageurs de trains comparables au Lyon – Bordeaux ont demandé, dans plusieurs enquêtes approfondies récentes. Les trains comme le Lyon – Bordeaux, on les appelle TET, ou trains d’équilibre du territoire. Le dernier en date est le Lyon – Nantes, qui a démarré dans ce schéma il y a quelques temps. Il connaît un succès non prévu, avec des trains pleins de bout en bout ! La SNCF les nomme Intercités. Lyon – Bordeaux peut trouver sa place à côté des autres Intercités existants, en ajoutant une seconde transversale centrale au sud du Lyon – Nantes.

Quelques élus ont demandé officiellement que Lyon – Bordeaux devienne un TET. La SNCF avait répondu, par la voix de Guillaume Pépy : Niet !
Alors, nous disons : Chiche !
Que veulent les passagers de ces TET consultés ? Des horaires, des fréquences, bien sûr, et surtout des services à bord :
Sur un ensemble de douze services proposés lors de la consultation publique, cinq se sont nettement distingués comme des priorités pour les voyageurs :
- prises électriques, pour 72 % des répondants ;
- espace bagage, pour 63 % ;
- accès internet, pour 54 % ;
- espace vélo, pour 47 % ;
- service de restauration pour 46 %.
- Le service suivant n’obtient que 27 % de demandes (espace famille). Mais ce n’est pas négligeable.
En dehors des prises électriques et d’espaces bagages, rien d’autre n’est proposé en Intercités pour le reste. C’est ce que nous allons étudier.
C’est un sujet de réflexion pour nous, que nous voulons partager avec les populations concernées sur le trajet Lyon – Bordeaux. A Guéret, au milieu du trajet, nous ouvrirons ce sujet. Quel train sera celui que les voyageurs voudront prendre ?
Par exemple :

Charger 12 ou même 18 vélos pour un club cycliste, des trottinettes et autres 2 roues motorisés légers pour les jeunes qui vont en ville, une petite restauration chaude ou froide selon la saison, à boire, un coin lecture avec presse et livres pour enfants, une mini salle de jeux pour enfants, une nursery, une borne pour connaître les services du dernier kilomètre disponibles pour chaque voyageur, est-ce demander trop pour des trajets confortables de 4 à 8 heures ?
Alors à Guéret, mission accomplie, nous pouvons rentrer fiers d’avoir posé des jalons pour associer toute la population au développement de notre projet.
17 h 15 : On embarque pour rentrer. A Montluçon, 1 h plus tard, un grand car nous prend en charge pour revenir vers 20 h à Clermont-Ferrand. Bye-bye notre autorail !
Quel voyage !
20 h 00 à Clermont-Ferrand, Nous allons bien finir la journée autour d’un verre, n’est-ce pas ?
Allez, préparez-vous et rejoignez-nous.
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